Le poison du crack




Le chiffre. 43 000 : c’est le nombre d’usagers de crack en France dont 13.000 en Île-de-France, selon l'observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Dans la capitale, 80% du trafic est concentré dans les 10e, 18e et 19e arrondissements, selon la préfecture de police. Rien que sur le secteur Stalingrad, il y aurait entre 80 et 120 toxicomanes chaque nuit. Majoritairement de nationalité étrangère et le plus souvent en situation irrégulière, les dealers agissent en petits réseaux bien structurés. Et le fait de vendre cette drogue par petites quantités les protège de poursuites judiciaires lourdes.


80% des dealers de crack sont de nationalité étrangère et issus de la communauté africaine.

Le constat. Le crack est un dérivé bon marché de la cocaïne diluée avec du bicarbonate de soude ou de l’ammoniaque. La matière première arrive de Guyane, et passe en métropole par des « mules », des femmes le plus souvent, payées environ 6 000 euros par voyage. La Guyane étant peu équipée en scanners dans ses aéroports, la drogue circule donc sans difficulté.

Selon une source policière citée par Le Figaro, 80% des dealers de crack sont de nationalité étrangère et issus de la communauté africaine. Ils se disent en général de nationalité sénégalaise ou gabonaise et beaucoup parlent le wolof, la langue la plus parlée au Sénégal.


En juin 2020, un groupe judiciaire dédié au crack est créé. 219 procédures ont été initiées impliquant 415 interpellés, vendeurs et consommateurs confondus.


Les individus interpellés, ou condamnés, sont difficiles à expulser du territoire national puisqu’ils n’ont, le plus souvent, pas de papiers. Leur nationalité est du coup difficile à établir. Et pour pouvoir expulser un étranger, il faut un pays d'arrivée qui accepte de le recevoir. Et cela implique un processus de reconnaissance du pays d'origine basé sur des échanges diplomatiques. Avec le Sénégal ou le Gabon, c’est d’autant plus compliqué que ces deux pays n’ont pas de fichiers d’empreintes.


la quantité de crack revendue ne doit pas définir le quantum de la peine de la nature des poursuites

Selon la préfecture de police de Paris, 151 opérations de lutte contre l'immigration irrégulière ont été menées depuis début 2021. Elles donnent parfois lieu à des obligations de quitter le territoire français (OQTF). En France, cette procédure administrative n'est exécutée que dans moins d'un cinquième des cas.


La proposition. Bloquer l’arrivée de cocaïne depuis la Guyane en mettant en place les dispositifs de sécurité idoines puisque la provenance est clairement identifiée tout comme le mode opératoire. C’est du simple bon sens. Puis, faire pression diplomatiquement sur le Gabon et le Sénégal pour que les dealers interpellés puissent être expulsés sans tarder, et cela implique aussi de retrouver notre souveraineté dans nos politiques migratoires. Enfin, la quantité de crack revendue ne doit pas définir le quantum de la peine de la nature des poursuites. Quand on voit les ravages de cette drogue et tous les problèmes liés à la sécurité publique qu’elle génère, il faut faire preuve d’une tolérance zéro.