La chronique du lundi : la dette de la France


Le chiffre : 2 798 milliards d’euros. Tel est le montant de la dette publique de la France inscrite au projet de loi de finances pour 2021. Soit plus que le total du PIB du pays, environ 120%. Colossal !


L’analyse : Depuis le début des années 1980, la France vit à crédit. Rappelons que la dette était de l’ordre de 20% du PIB en 1980 et n’a cessé d’augmenter depuis. Loin de financer des investissements de modernisation du pays, ce qui serait recevable, la dette ainsi contractée sert à boucler les fins de mois d’un Etat impécunieux et incapable, depuis un demi-siècle, d’équilibrer ses dépenses et ses recettes. D’un ménage, on dirait qu’il serait surendetté. La France est ainsi l’un des pays développés les plus endettés, derrière l’Italie à 154% de son PIB mais loin devant des pays comme L’Allemagne à 70% et très au-dessus de la moyenne de l’Union européenne à 97%, ce qui est déjà beaucoup.

Cette dette nous coûte très cher

Et ce n’est pas fini puisque, hors Covid, la France emprunte de l’ordre de 100 milliards d’euros supplémentaires chaque année.

Jusqu’à présent, et notamment actuellement, les emprunts se font à des taux d’intérêt très bas, proches de zéro, ce qui évite d’alourdir trop la charge des remboursements. Rien ne garantit qu’il en sera toujours ainsi.


Surtout, ce que l’on ne dit pas, c’est que cette dette nous coûte très cher. En 2021, la charge de la dette, c’est-à-dire ce que l’on rembourse chaque année, devrait s’établir à 38 milliards d’euros, presque l’équivalent du budget de la défense hors pensions (39 milliards) et quatre fois plus que celui de la justice (10 milliards)!

Imaginons un seul instant que nous ayons ces 38 GE à notre disposition ! Il en faudrait « seulement » 12 pour remettre à flot les ministères régaliens (Intérieur, Justice, Défense, Affaires Etrangères) et l’on pourrait dégager les sommes nécessaires pour assurer l’impérieuse transition écologique et énergétique.

Alors, jusqu’à quand, allons-nous continuer à nous endetter ainsi ?


La proposition : La tendance est insoutenable et suicidaire. Il faut non seulement arrêter d’accroitre notre dette mais il faut, qui plus est, la réduire.

Comment ? Certains proposent de l’annuler. C’est juste impossible car ce serait placer la France en situation de banqueroute financière et nous priver d’ailleurs de pouvoir continuer à emprunter en nous privant de toute crédibilité internationale.


Éviter que nos enfants, petits-enfants et leurs descendants ne paient au prix fort, notre incurie

D’autres souhaitent en supprimer une part, la dette détenue par la Banque centrale européenne. Ce serait en théorie possible s’il y avait un accord européen. Mais, on voit mal comment l’obtenir notamment de l’Allemagne et des pays dits vertueux.

Quoi qu’il en soit, il faut commencer par le commencement : Rétablir l’équilibre de nos finances publiques et construire des budgets « zéro déficit » afin de tarir la pompe à emprunt.

Là encore, reprenons quelques chiffres simples : le budget de l’Etat s’établit à 343 milliards d’euros auxquels s’ajoutent les plus de 400 milliards de la sécurité sociale. L’Etat affiche un déficit de 93 milliards (hors Covid). Ce sont ces 93 milliards qu’il faut progressivement réduire. Il y faudra plusieurs années, une dizaine sans doute, mais c’est pour cela qu’il faut dès maintenant en fixer la tendance. C’est possible. D’autres pays l’ont fait avant nous. Cela exige une réforme totale de l’Etat. J’y reviendrai dans une prochaine chronique en expliquant le comment. C’est le seul moyen pour éviter que nos enfants, petits-enfants et leurs descendants ne paient au prix fort, notre incurie.