La chronique du lundi : la vaccination

Chaque semaine, un chiffre, un constat, une proposition pour la France et pour les Français.


Cette semaine, la vaccination.



Le chiffre : Au vendredi 5 mars, 3 581 812 personnes ont reçu la première dose du vaccin en France et 1 902 812 la deuxième dose (données covid tracker), soit 5,34% de la population.


Le constat : Nous vaccinons à la vitesse d’un escargot fatigué comme d’ailleurs la plupart des pays comparables de l’Union Européenne (6,67% en Espagne, 6,11% en Italie et 5,92% en Allemagne à la même date).



En comparaison, dès le 15 février, les Anglais avaient déjà vacciné 15 millions de personnes et ils approchent les 22 millions (32,7%). Les Etats-Unis, eux, vaccinent deux millions de personnes par jour, soit en un jour, beaucoup plus que nous en un mois. Ils sont à 57 millions soit 17,46%.

L’Union européenne est à la traine et la France est à la traine de l’Union européenne. Pourquoi ? Pour une simple raison : Nous n’avons pas assez de vaccins. Le pays de Pasteur a été jusqu’à présent incapable de mettre au point un vaccin et, au lieu de prendre les devants et d’en commander à l’étranger, il s’en est remis à l’Union européenne qui s’est malheureusement révélée incapable de négocier et de sécuriser des livraisons en quantité suffisante. Double faillite nationale et européenne en quelque sorte.




Que font le Président de la République et le Ministre de la santé ? Un coup de com pour donner l’impression que l’on prenait le problème à bras le corps et pour masquer le fiasco.

Samedi 6 mars dernier, on nous annonce à grand renfort de trompettes, une journée de vaccination massive : 220 000 doses pour vacciner 220 000 personnes supplémentaires. Idem dimanche 7 mars. Branle-bas de combat, mobilisation de l’Armée… Et certains médias d’applaudir béatement ! Mais de qui se moque-t-on ? Nous sommes passés de 5,34% de la population vaccinée à 5,67% puis 6%. C’est toujours cela de pris mais cela reste dérisoire. D’autant, qu’il n’y avait nullement besoin de mobilisation exceptionnelle puisque nos centres, souvent sous-utilisés, pouvaient absorber sans grande difficulté cette vaccination supplémentaire.




J’en veux pour exemple le centre ouvert et piloté par la mairie d’Orléans. Nous y vaccinons entre 200 et 350 personnes par jour selon les semaines et les doses de vaccins reçues. Nous pourrions aller jusqu’à 500 personnes par jour. Or, ce samedi dernier nous avons ouvert le centre pour accueillir 350 personnes, soit une journée ordinaire que nous aurions pu répartir sur deux ou trois jours dans la semaine sans difficulté. Mais voilà, il fallait faire ce fameux coup de com ! Lamentable.

La réalité est que, depuis un an, le Président de la République va d’échec en échec. La vaccination en est un de plus. La réalité, c’est qu’il faudrait vacciner tous les jours au rythme du week-end dernier. Mais ce n’est toujours pas le cas.


La proposition : Mettre en place au plus vite des chaines de production de vaccins en France et pour cela, négocier avec les laboratoires étrangers, des licences de fabrication. Je l’avais proposé en son temps. Et c’était dès l’an dernier, lorsque l’on savait que les vaccins allaient arriver, qu’il aurait fallu le faire. Si tel avait été le cas, on serait peut-être en train de sortir de cette crise alors qu’il va nous falloir encore plusieurs mois avant d’y parvenir. Mais mieux vaut tard que jamais.