Discours de rentrée politique, le samedi 27 août 2022 à Orléans


Mes chers Amis, C’est une bien belle matinée empreinte du plaisir de nous retrouver et de partager ensemble ce moment, rehaussé par la qualité de nos intervenants. Je veux chaleureusement remercier Nicolas Forissier, Patrick Stefanini, Gilles Carrez et Yann Moix pour leur amitié qui m’est chère et donc leur présence ce matin avec nous. Merci à vous tous de votre participation, vous qui êtes venus de tous les départements de notre magnifique région centre Val de Loire. Merci à vous adhérents Républicains de votre fidélité et merci à tous nos amis, de l’UDI notamment. Il me revient maintenant de conclure. Je voudrais le faire simplement mais avec la force de mes convictions et la plus grande sincérité.


Voyez-vous, je suis à un âge où l’ambition personnelle devient vaine et même futile mais où mon ambition pour la France, comme pour ma ville de cœur, Orléans, est intacte. Elle est même décuplée parce que je sais que le temps est compté. Alors, les jeux de pouvoir et les intrigues des courtisans, qui ne m’ont jamais intéressés, m’intéressent encore moins aujourd’hui qu’hier. Allons à l’essentiel.

L’essentiel tient en une phrase et deux idées : L’urgence de redresser la France et pour cela la nécessité de reconstruire les Républicains. Redresser la France parce que la France va mal : délinquance croissante, dette abyssale, société fracturée, injustices criantes, écoles et hôpitaux en crise, climat déréglé, immigration incontrôlée, déficit extérieur... Partout tout est au rouge.

Et le risque que vienne s’ajouter à tout cela une crise politique et institutionnelle est bien réel. L’absence de majorité issue des élections législatives va conduire le gouvernement de Charybde en Scylla, entre probabilité de paralysie et risque de chaos. Avec quoi au bout ? L’inertie ou la dissolution. Et quoi après ? Nul ne le sait mais que de temps perdu alors que l’urgence est là et exige l’action sans délai.

Reconstruire les Républicains. Il nous faut avoir le courage de la lucidité pour accepter un sombre bilan en forme de décomposition. Cette fois, nous ne pouvons plus faire semblant de ne pas voir ou de ne pas comprendre.

Le grand parti populaire d’autrefois qui donna 5 Présidents à la République est devenu un petit syndicat d’élus qui s’étiole à chaque élection. Nous étions 350 députés lorsque je fus élu en 2002. Il nous en reste 62. Fermez le ban comme disent les militaires. Mais ne fermez pas la lumière ! Car nous sommes toujours vivants. A nous de reconstruire. Mais pour cela, encore faut-il savoir comment.

Aujourd’hui, force est de constater que nous n’avons ni ligne politique claire, ni stratégie définie. Que fait-on ? Un jour on vote avec la majorité présidentielle, le lendemain on vote contre. On fait du cas par cas.

Résultat : Nous sommes inaudibles auprès des Français et cette posture va être intenable dans la durée. Qu’allons-nous faire lorsqu’il va s’agir de voter ou non la loi de finances pour 2023 ? Personne ne le sait. Je le redis, ce n’est pas tenable et nos députés vont faire l’objet de toutes les pressions et il sera bien difficile de maintenir la cohésion du groupe à l’Assemblée nationale. Il y a donc urgence à clarifier notre ligne politique.

Trois scénarios s’offrent à nous. Je n’en vois pas de quatrième. Le premier nous laisse seul dans la posture actuelle, dans une sorte d’opposition qui ne l’est pas complètement et qui se veut néanmoins constructive. Comprenne qui pourra. Et après ? Quelqu’un peut-il croire sérieusement qu’un parti à 10% pourra redevenir majoritaire en restant seul ? Je vous le dis : C’est un leurre grossier.

Ou bien alors, notre parti aurait abdiqué toute ambition de gouverner pour s’enfoncer dans une opposition permanente donc dérisoire. Ce n’est pas ma conception du service de la France.

Le deuxième scénario voudrait alors que l’on s’unisse dans une sorte de Nupes de droite. Disons les choses : J’en ai assez de l’opprobre morale permanente que lancent la gauche et la bien- pensance à l’encontre des électeurs du Rassemblement National comme j’en ai assez de l’anathème récurrent traitant d’extrême droite quand ce n’est pas de fasciste, tout ce qui ne pense pas comme elles.


Mais je le dis également, une Nupes de droite serait pour nous la prémisse d’une mort politique assurée. Et nous en avons l’exemple et la démonstration avec ce qu’il est advenu du Parti Socialiste dans la Nupes de gauche : Un canard sans tête... et sans âme ; un parti croupion devenu godillot pour sauver quelques élus. Je ne veux pas pour Les Républicains de cette indignité- là.

Ce que je propose, c’est le troisième scénario et je souhaite vous l’expliquer. Je l’ai dit : la crise politique et institutionnelle menace. La France n’en a pas les moyens et les Français en paieront, quoi qu’il arrive, les pots cassés. Pour nous LR comme UDI, la politique du pire ne peut pas être une option. Seule la France compte. Et l’intérêt de la France comme des Français est d’éviter ce risque- là.


Pour cela, nous possédons la solution parce que nous demeurons la clé de voûte du système politique. Avec nos 62 députés et avec notre majorité au Sénat, rien ne peut se faire sans nous. Mais tout peut se faire avec nous. Et nous donnons l’impression de ne pas l’avoir compris ! Nous restons dans le flou, sur une défensive sans issue. Moi, je propose de reprendre l’offensive, d’oser, de montrer que nous sommes toujours là, forts dans nos têtes. Bref, je propose d’exister de nouveau. Comment ?

En proposant une alternative puissante au Président de la République au travers d’un accord de gouvernement, clair, net et précis sur la base de nos priorités et des urgences pour le pays.


J’en vois au moins 5 : 1.Urgence régalienne pour rétablir au plus vite la tranquillité publique et mettre un terme à une immigration incontrôlée qui exaspère les Français, 2.Urgence climatique et écologique par une audacieuse politique de l’énergie préparant dès maintenant l’après pétrole, 3.Urgence sociale appelant un pacte de solidarité pour réduire les injustices criantes qui fracturent la société, 4.Urgence financière en mettant fin à l’emballement de la dette et en restaurant les grands équilibres budgétaires, économiques et financiers, 5.Urgence institutionnelle par une réforme profonde de l’Etat liée à une nouvelle vague de décentralisation pour faire respirer le pays en faisant la part belle aux richesses et aux initiatives locales.

Bref, il s’agit de REFAIRE FRANCE, en apportant sans délai la réponse forte aux besoins légitimes et immédiats de solidarité, d’autorité et d’efficacité qu’exigent les Français. Au-delà, il s’agit enfin de réconcilier la France avec son avenir. Et je crois, sans prétention être autorisée à dire cela de par mon expérience de Maire depuis plus de 20 ans.

Ici à Orléans, nous avons réduit la délinquance de plus de 80% et nous sommes pour cela la première des grandes villes de France.

Depuis plus de 20 ans, la pression fiscale est restée stable sans augmentation des taux d’imposition de la commune et nous sommes pour cela, la seule des grandes villes de France. Nous avons été l’une des premières villes à avoir lancé un agenda 21, nous avons réduit nos émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 12% et nous lançons un ambitieux programme, Orléans décarbonée pour diviser par deux nos gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

Dans cet accord de gouvernement, soyons clairs. Aucune compromission n’est possible et il ne s’agit certainement pas de se fondre dans la majorité présidentielle. Il s’agit de proposer une négociation, de parti à parti, permettant de dégager une feuille de route gouvernementale très précise et partant, d’engager sur cette base, les réformes vitales pour le pays. Un tel accord mettra justement fin aux débauchages individuels que nous avons subis et qui d’ailleurs se poursuivent encore et vont continuer à se poursuivre si rien n’est fait. Il nous permettra, j’en suis convaincu, de retrouver cette lisibilité que nous avons perdue auprès des Français.


Au Président de la République, il reviendra d’accepter ou non notre proposition. S’il l’accepte, il ouvrira une nouvelle perspective. S’il la refuse, il endossera la responsabilité de la crise. Le «en même temps» n’est plus de mise. Je mesure bien que le chemin est escarpé et semé d’embûches. Mais c’est le seul que nous pouvons emprunter. Et si nous réussissons, alors nous retrouverons la confiance des Français et nous redeviendrons le grand parti populaire que nous n’aurions jamais dû cesser d’être. Mes Amis, parce qu’il s’agit là de mon intime conviction, fruit d’une longue réflexion, parce qu’il ne peut être question de réduire le processus d’élection interne à la présidence des Républicains à une simple formalité ou à des rivalités personnelles sur fond de jeux d’écuries présidentielles, j’ai décidé d’être candidat à la présidence des Républicains.

Il est impératif que cette élection soit le moment du débat et de la clarification . Et je suis le seul à porter cette ligne face à la non stratégie du flou comme face à une droitisation mortifère.

J’ai adhéré au RPR, voici plus de 40 ans. C’était en mai 1981. Nous venions de subir la double défaite de Jacques Chirac et de Valéry Giscard d’Estaing. La difficulté ne me fait pas peur. Et les vents contraires me stimulent. C’est dans l’adversité que l’on fait face. J’ai été à la mairie de Paris lorsque Jacques Chirac en était le patron. Député, j’ai soutenu deux Présidents, Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy. J’ai aidé François Fillon à porter un projet puissant qui aurait permis, j’en suis convaincu, d’engager le redressement de la France.

A Orléans, j’ai cette fierté intime et profonde que de présider aux destinées de la ville depuis 2001 avec une confiance renouvelée par les Orléanais à chacun des rendez-vous de 2008, de 2014 et de 2020. Orléans au cœur, les Orléanais au cœur ne sont pas de vaines formules. Au-delà de la politique, ce sont les marques indélébiles de ce qui construit la relation humaine dans ce qu’elle a de beau, de fort et d’amical. Et lorsque l’épique le cède au politique, alors c’est aussi une ville prise à la gauche et conservée contre vents et marées depuis et encore en 2020 face à un double front, le front d’une Nupes d’avant l’heure à gauche et le front d’un centre droit macronisé.

Alors, oui, je sais ce que gagner veut dire. Je sais ce que veut dire avoir des résultats et comme tous les maires, je sais ce que veulent dire bon sens, proximité, réalité du terrain et difficultés du quotidien pour nombre de nos compatriotes. Et je veux que nous reconstruisions sur ces bases-là. Car, pour gagner, il va nous falloir tout reconstruire. Tout de A à Z.

Et cette reconstruction ne viendra pas du sommet. Elle viendra de la base. Elle viendra de vous. Je veux un parti modernisé, vivant qui vous fasse toute votre place et pas seulement qui sache vous trouver lorsqu’il s’agit de distribuer des tracts, coller des affiches ou tenir des bureaux de vote ; Un parti qui s’appuie sur l’immense réseau que forment les élus locaux trop souvent ignorés ; un parti qui fasse la part belle à la jeune génération parce qu’elle est la relève.

Mes Amis, je sais aussi que certains d’entre vous sont déboussolés et doute même de notre capacité à nous régénérer. Eh bien , je vous dis que non seulement, c’est possible mais que c’est à portée de main. Nous sommes à l’heure des choix. Je vous propose celui qui va nous redonner de l’élan et de l’envie, et qui va nous replacer au cœur de notre vie politique. Alors je vous invite, une nouvelle fois, à rallumer la flamme de l’espoir et à retrouver l’esprit de conquête et de victoire.

Je nous invite tous ensemble, à reconstruire, à gagner pour LR, mais surtout à gagner pour la France.

Je nous invite à REFAIRE FRANCE. Vive la République, Vive la France.

Serge GROUARD